Mes Recensions de Livres BoD : « Je ne vous aime pas, je pars » d’ Anne-Claire Rolland

Je ne vous aime pas, je pars
 
 
« Je ne vous aime pas, je pars » est le premier roman d’Anne-Claire Rolland.
La couverture sobre mais colorée est attirante, le livre fait 264 pages en format A5, le livre est paru aux éditions BoD en Avril 2015.
 
Il paraît que l’on met beaucoup de soi-même dans un premier roman… Légende ou réalité ? En supputant qu’il y a quelque chose de vrai dans cette affirmation et tout en lisant le livre, je me suis prêtée à une divination toute personnelle : Qui est l’auteure ?
 
Objectivement, d’après ce que je lis, j’imagine donc Anne-Claire Rolland experte en chansons des années 80, d’un caractère décidé et une personne très bosseuse… Je ne me lancerai pas plus loin… Son héroïne a-t-elle un ou plusieurs traits de caractère qui lui ressemblent ? Elle seule et ses proches pourront répondre 🙂 !
 
Venons-en à la lecture en elle-même : le livre est bâti de manière assez originale au sens où il est composé de petites séquences d’une à quatre pages. A chaque fois, un numéro en gras les délimite, il y en a 74. Je trouve que cela est très astucieux pour un premier roman, on travaille séquence par séquence, il est plus facile ainsi d’avancer.
 
Au début du livre, j’ai trouvé cette composition bien agréable en tant que lectrice, chaque séquence évoquant une tranche de vie d’un personnage différent. J’avoue que vers le milieu de l’ouvrage, cela m’a lassée, j’avais l’impression de lire quatre ou cinq livres à la fois, j’étais bien dans l’histoire du personnage de ma séquence et deux ou trois pages plus loin, j’embrayais sur un autre récit correspondant à un autre personnage….  Bon, il me semble que cela venait aussi du fait que je trouvais qu’il y avait peut-être un « délayage » trop important, quelques dizaines de pages en moins aurait peut-être évité cette impression ? (toute personnelle, surtout faites-vous votre propre opinion 🙂 !)
 
En tant qu’auteur(e), je suis également sensible aux « fôtes » ou erreurs diverses : rassurez-vous, le livre en comporte certaines (quelques coquilles ou erreurs de concordances des temps) mais cela n’est pas vraiment un souci  ; elles restent rares et l’histoire captive et fait vite ignorer ces petites entorses aux conventions écrites.
 
Le style d’Anne-Claire Rolland est « classique », c’est très plaisant finalement de retrouver de vraies descriptions bien travaillées, riches en adjectifs. On sent une grande application dans le travail. Un dictionnaire des synonymes toujours à portée de main ? L’auteure semble ne rien vouloir laisser au hasard : des verbes variés pour les dialogues et même quelques mots peu usités (autolâtre, par exemple p.184), un vocabulaire riche  plein de couleurs, de mouvements…  
Anne-Claire a du potentiel, un vrai penchant pour les mots et certaines phrases m’enchantent : « Gavroche en jupons sur les barricades de la vie » p 14. pour ne citer que celle-là et vous donner envie de chercher celles qui vous, vous feront rêver…

Loin de moi l’idée de conseiller l’auteure en la matière mais je me dis que le prochain ouvrage (car j’espère bien qu’il y en aura un 🙂 !) gagnerait en « lâcher-prise » : Oui, Anne-Claire, vous savez écrire, lâchez toutes les sécurités des conseils, des recommandations… Ecrivez  sans filet, sautez dans vos phrases sans baudrier de sécurité, vos lecteurs adoreront… 🙂 !


J’ai gardé le meilleur pour la fin : l’histoire 🙂 ! Lisez-là sans appréhension, vous ne serez pas déçu …  L’originalité du fil rouge de la jeune héroïne, Mona, qui semble élaborer sa vie à travers la chanson qui lui tient lieu de religion ou de philosophie est entière : c’est léger et inédit… et s’harmonise bien avec le personnage que l’auteure a créé ; cette adolescente fantasque et décidée qui mène sa vie comme bon lui semble… Le titre,  « je ne vous aime pas je pars » au lieu de  » je ne me sens pas aimée, je pars » semble vouloir renforcer le fait que l’héroïne veut tout contrôler, être maître de sa destinée.
Les autres personnages sont aussi bien brossés ; comme d’habitude, mon vilain penchant à vouloir trouver certains changements un peu invraisemblables est là  : la tirade de Luigi, l’italien, dans un français parfait, lui qui ne décroche pas un mot d’habitude, le revirement de Claudia quant à sa manière d’être alors qu’elle a un âge certain… Mais pourquoi pas ? la fiction autorise ce que dans la réalité on croirait impossible…
Pour le reste le roman se lit très bien, l’intrigue est bien ficelée et prenante.

Un ouvrage à recommander pour les vacances !

Bravo à Anne-Claire Rolland pour ce premier roman en espérant bien qu’il sera suivi de beaucoup d’autres !












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